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Une décomposition du non-emploi en France
G. Laroque et B Salanié,
Insee,
Paris, économie et statistique, n° 331, juin, 20 p.,
(2000).
Résumé
Une décomposition de 3,25 millions de personnes de 25 à 49 ans sans
emploi à l’enquête Emploi de mars 1997 conduit à isoler trois composantes. La
première regroupe les personnes qui ne souhaitent pas travailler, compte tenu de
leur situation familiale, de leur état de santé, du salaire auquel elles peuvent
prétendre et du jeu complexe des prélèvements fiscaux et des transferts sociaux
: ce non-emploi volontaire forme 57 % de l’ensemble. La deuxième
composante est le non-emploi classique : 20 % des personnes sans emploi
souhaitent travailler mais ne sont pas assez productives pour prétendre à un
salaire supérieur au Smic. Enfin, les 23 % restant forment l’autre non-emploi
: cette catégorie hétérogène rassemble les personnes qui, pour des raisons
diverses, ne trouvent pas d’emploi malgré leur désir de travailler et une
qualification suffisante. Deux simulations permettent d’étudier les effets
possibles, dans le long terme, de mesures affectant principalement la composante
classique du non-emploi. Les mesures d’allégements de charges sur les bas
salaires en vigueur en 1997 devraient créer à long terme environ 500 000
emplois. En revanche, une augmentation de 10 % du Smic détruirait environ 290
000 emplois, toujours à long terme.
Summary
Three components are singled out from a breakdown of 3.25 million
unemployed individuals aged 25 to 49 in the March 1997 Employment survey. The
first is a group of people who do not want to work given their family situation,
their state of health, the wage that they could expect to get and the complex
set of tax and social security contributions and social transfers. This
voluntary non-employment accounts for 57% of the total. The second component is
classical non-employment: 20% of those without a job would like to work, but are
not productive enough to aspire to more than the minimum wage. The remaining 23%
form other non-employment. This heterogeneous group comprises people who, for
various reasons, cannot find a job even though they want to work and have the
necessary qualifications. Two simulations are used to study the possible
long-run effects of measures affecting mainly the classical component of
non-employment. The measures introduced in 1997 to reduce charges on low wages
should create approximately 500,000 jobs in the long run. However, a 10%
increase in the minimum wage would destroy approximately 290,000 jobs in the
long run.