.
La baisse des charges en France : Un bon compromis
entre emploi et productivité
A. Chéron, J-O. Hairault et F. Langot,
Cepremap, Paris, juillet, 15 p.,
(2005).
Résumé - Summary
Nous proposons une maquette du marché du
travail à temps complet sur le segment des moins qualifiées, tenant compte des
interdépendances entre offre et demande de travail et dans laquelle les
distributions de salaire et de productivité sont endogènes, résultat d'un jeu
stratégique entre entreprises. La reproduction de la distribution observée des
salaires nous permet d'identifier précisément les paramètres structurels liés à
la fonction de production et au comportement d'investissement en capital humain.
Nous montrons que la politique d'exonération des charges patronales décidée en
1995 et 1996 aurait permis de diminuer le chômage des non-qualifiés de 2 points.
Parce que cette baisse du coût du travail entraîne une tension plus forte sur le
marché du travail et parce qu'elle ne concerne que la frange inférieure de la
distribution des salaires, la qualité moyenne des postes de travail dans
l’économie est détériorée, diminuant la productivité moyenne du travail. Si cet
effet est cependant plus que compensé par la forte augmentation de l'emploi, ce
qui se traduit par une augmentation de la production, sa prise en compte remet
en cause l'appréciation positive généralement dressée au regard d'indicateurs de
surplus budgétaires. Toutefois, la réforme implémentée apparaît comme un bon
compromis entre une baisse du coût du travail ciblée au niveau du Smic et une
réduction uniforme sur l'ensemble des salaires des non-qualifiés, même si une
réforme utilisant la même enveloppe budgétaire sur un intervalle plus large
(jusqu'à 1,4 fois le Smic) est plus efficace en gérant mieux le dilemme entre
emploi et productivité.