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Des hausses du Smic en trompe-l’oeil entre 1999 et 2006
NR
Y. L’Horty,
Centre d'études
de l'Emploi, Noisy-le-Grand, Connaissance de l'Emploi, n° 43, juin, 4
p.,
(2007).
Résumé - Summary
Le Smic horaire brut a augmenté de 33,4 %
depuis le début des années 2000. C’est l’une des progressions les plus fortes
depuis l’instauration du salaire minimum de croissance en France. Par-delà le
mécanisme habituel de revalorisation du Smic, cet emballement résulte
essentiellement de l’application des lois « Aubry » qui posaient le principe
d’une compensation salariale intégrale pour les salariés, payés à ce niveau,
passant à 35 heures. Mais qu’en est-il des effets généralement attendus de toute
augmentation du Smic sur le coût du travail et les rémunérations ? Étant donné
la réduction des cotisations sociales des employeurs promulguée par le
dispositif « Aubry » et la réforme « Fillon », l’incidence sur le coût du
travail a été infime. Quant aux répercussions sur le pouvoir d’achat des
salariés, elles ont été amoindries par la réduction du temps de travail. Pour
autant, cette hausse en trompe-l’oeil n’a pas été neutre sur la distribution des
salaires : elle a notamment contribué à porter à un niveau record la proportion
de salariés rémunérés au Smic.